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Vers une dématérialisation du lieu de travail…

C’est lors du « meet-up – Sustainable UX » organisé par Flupa à la Cantine Numérique de Nantes que la question du travail à distance s’est posée. Plusieurs intervenants ont présenté les avantages et inconvénients des pratiques existantes. Startups et jeunes entrepreneurs… entreprises libérées… tous ont un jour fait l’expérience, plus ou moins positive, du travail à distance. Depuis 25 ans, son explosion est régulièrement annoncée. Pourtant moins de 10% de la population française télétravaille (source ADNT). Alors même que le numérique offre des outils adéquats et que la mobilité a pris une part importante dans nos vies, nous pourrions bénéficier d’un gain considérable en énergie en dématérialisant le lieu de travail – car au fond telle est la question. Alors, est-ce une pratique autant écologique qu’économique ? Sans doute.

 

Selon la fondation Good Planet les déplacements entre domicile et travail sont la première cause d’émission de gaz à effet de serre pour une activité tertiaire. Cela représente une pollution équivalente à 12 millions de tonnes d’émission de CO2 par an.  D’un point de vue économique, les transports coûtent en moyenne 623 € / an par foyer. Une autre donnée vient alourdir le constat : le temps moyen perdu dans les bouchons et/ou les transports en commun est de 58 heures par an et par habitant. Dans les plus grandes villes, on compte même jusqu’à 24 jours par an dans les transports. Il faudrait en plus calculer le temps nécessaire pour la récupération de la fatigue causée lors du trajet.

 

Par ailleurs on constaterait surement une nette diminution des accidents liés aux trajets domicile-travail (environ 5 000 accidents de cette nature sont comptabilisés par an en France). Enfin le stress et la fatigue des employés pourraient être diminués. Le temps économisé pourrait être alloué à d’autres activités familiales ou de loisirs… Ainsi donc, le télétravail permettrait de mieux organiser ses horaires et de ce fait, de travailler plus librement. Voici donc une des explications du succès des webinars (conférences en ligne), et pourquoi ils sont devenus monnaie courante pour les entreprises.

 

Néanmoins il ne faut pas voir le télétravail comme une panacée à tous les problèmes. Mal organisé il peut engendrer un isolement social et de très mauvais résultats collectifs. Une rigueur personnelle, une concentration réelle ainsi que des outils collaboratifs comme Google Drive, Dropbox, Doodle, Mindmap ou Skype sont quelques uns des ingrédients indispensables pour réussir le travail à distance.

 

La génération Y, plus apte à maîtriser les outils précédemment cités, se dirige très certainement vers ce mode de travail. Etre disponible en dehors des horaires de travail  – puisque le bureau est dématérialisé – cela tend à confondre encore un peu plus vie privée et vie professionnelle, alors même qu’on parle de désintoxication digitale, alors même qu’on parle de libéralisation des conditions de travail. La mobilité et la capacité à travailler depuis son smatphone n’importe quand en est une illustration. Dans cette optique la dématérialisation du travail peut aussi être source de stress et donc néfaste pour le travailleur et l’entreprise.

 

Finalement comme n’importe quelles tendances, la dématérialisation du travail doit être usée avec parcimonie et le tout virtuel doit être vu comme complémentaire aux pratiques existantes comme par exemple le co-working. Si le digital doit révolutionner le travail à distance, souhaitons qu’il le fasse intelligemment : travailler mieux, pour vivre mieux.

 

Grégoire Gautier

Etudiant M1 UX