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« Uberisation » & e-santé : comment My Hospi Friends disrupte le monde hospitalier

Depuis un moment, l’uberisation de la société serait en marche dans divers secteurs d’activités. Ce phénomène, largement critiqué, suscite la crainte de nombreux professionnels. Julien Artu, fondateur de My Hospi Friends – le réseau social qui regroupent les personnes hospitalisées autour de centres d’intérêts communs – revendique lui-même  Hospi Connect – l’espace numérique qui regroupe tous les services de l’hôpital pour les patients, comme l’outil d’uberisation de l’Hôpital.

 

L’uberisation est un néologisme, un mot de création récente, ici tiré du nom de la société californienne Uber, que l’on connaît en raison du conflit de ces derniers mois entre les taxis et les VTC. Et si le terme devient viral, c’est qu’il envahit peu à peu de nombreux autres secteurs : de l’hôtellerie avec Airbnb, service de locations de logements de particulier à particulier,  aux banques et assurances avec Compte Nickel qui veut faire disparaître les banques. L’article De quoi l’uberisation est-elle le nom ? du Monde.fr montre que « uberisation » rime pour certains avec menace et concurrence déloyale face aux modèles classiques des secteurs concernés, complètement désarmés.

 

UberisationLe publicitaire Maurice Lévy résume bien cela, dans uneinterview au quotidien britannique Financial Times :

« Tout le monde commence à craindre de se faire uberiser. C’est l’idée qu’on se réveille soudainement en découvrant que son activité historique a disparu… »

 

En résumé, ce qui est craint c’est l’évolution du modèle économique actuel dans la plupart des secteurs. Comme le montre l’article du Monde.fr  sur le secteur de l’hôtellerie, les professionnels le reconnaissent d’ailleurs à demi-mot, pointant le développement d’une « économie de l’ombre » :

« Les professionnels constatent une explosion de la concurrence déloyale liée à la multiplication de toutes les formes de commerces illégaux, notamment la location meublée touristique. Cette activité se développe de manière exponentielle, sans aucun contrôle, et en abusant, la plupart du temps, du flou juridique et devient dans la plupart des cas des activités hôtelières déguisées qui se professionnalisent. »

 

Olivier @Margerand, fondateur de digital collab, montre dans un article que chacun est concerné :

“Si vous ne croyez pas que votre métier puisse être uberisé, vous allez vous faire surprendre par des acteurs qui ne sont pas des historiques de votre métier. Ces gens voient d’autant mieux le potentiel d’uberisation qu’ils ne sont pas prisonniers de votre modèle. Ces gens existent déjà. Et ils ont peut-être déjà uberisé votre activité mais vous ne le savez pas encore.”

 

Mais il souligne également que l’uberisation du travail est selon lui, “une opportunité historique”, car c’est en effet un renouveau dans le monde du travail tel qu’on le connaît. Le “client est roi”, tout vient à lui, dans un monde où l’instantanéité est maître, les gens n’ont plus le temps d’attendre, et aujourd’hui l’uberisation permet d’accéder à de nombreux services en trois clics sur son smartphone. Ce nouveau modèle a beau être fortement critiqué, il révolutionne l’expérience qu’ont les utilisateurs et créer de nouvelles formes d’emplois dans tous les domaines qu’il touche.

 

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Comment My Hospi Friends uberise l’hôpital

 

A l’heure où les réseaux sociaux se diversifient et sont de plus en plus utilisés, My Hospi Friends allie le monde médical et le digital. Et c’est Julien Artu qui en a eu l’idée à la suite d’une longue hospitalisation. Pour grand nombre d’entre nous, hospitalisation rime avec isolement, ennui mais aussi services (très) onéreux. La démarche établie par Julien Artu est de révolutionner le milieu en créant des contacts entre les malades à travers des centres d’intérêts communs.

 

Amener le monde médical dans le digital est un pari qui s’avère payant. Aujourd’hui, sur les 55 millions d’internautes français, 49% seraient considérés comme ePatients. Google vous “diagnostique” lorsque vous tapez vos symptômes dans la barre de recherche et votre iPhone vous prouve que vous ne faites pas le nombre de pas journalier conseillé par l’OMS (10 000 pas/jour).

 

Au milieu des quelques 170 000 applications mobiles sur la santé et des réseaux sociaux spécialisés pour les malades et/ou patients (PatientsWorld, BePatient, Carenity…), My Hospi Friends lance Hospi Connect : l’Uber des hôpitaux. Julien Artu s’est basé sur le fait qu’à l’hôpital, tout est payant : on facture aux patients l’accès aux chaînes TV, l’accès au Wifi, etc… Et aujourd’hui, difficile de s’en passer, surtout lorsque l’on est bloqué dans son lit d’hôpital plusieurs mois.

 

L’idée ici est donc d’offrir une plate-forme pour les malades simple d’utilisation et gratuite : l’hôpital prend en charge l’achat de la licence. Ainsi, les patients accèdent à Netflix ou Deezer, entre autres, en bénéficiant des offres de bienvenue permettant leur utilisation gratuite pendant une durée limitée.

 

Mais My Hospi Connect ne s’arrête pas là, et facilite les échanges patients/équipe médicale avec un accès aux services de l’hôpital, sans compter un système de conciergerie pour les patients qui ont besoin de solution de transport ou les patients à domicile qui ont par exemple besoin de se faire livrer leurs repas. Ces différents services se déploient grâce à de nombreux partenariats avec les plateformes adaptées ; Tok Tok Tok par exemple. On retrouve le schéma Uber : le service vient au client, ici le patient, avec des avantages non négligeables. L’uberisation touche aussi le secteur médical désormais, en 2 clics, le patient commande ses médicaments et peut les recevoir chez lui en moins de 4 heures (1001pharmacies.com).

 

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La révolution Uber concerne tout le modèle économique que l’on connaissait jusqu’à présent. Malgré les réticences et les critiques (parfois violentes) de la majorité des professionnels touchés par cette concurrence, le concept s’étend à l’international depuis un moment, et face à son succès, les populations semblent en accord avec ce nouveau mode de services. Il apporte des avantages soulevés par la forte utilisation des nouvelles technologies. Là est toute la révolution du modèle, et donc la révolution de la société : une nouvelle expérience en tant que patient est désormais possible grâce à My Hospi Friends par exemple, et les utilisations d’autres services évoluent grâce au déploiement de nombreuses nouvelles plateformes et applications. Une (r)évolution à suivre…

Amandine Loiseleur – @amandinelslr – Étudiante Bachelor Chef de Projet Digital