>
>
>

Promouvoir la musique à l’heure du digital

L’avènement du Web a d’abord signé le déclin de l’industrie musicale – avec la démocratisation du téléchargement et la chute des ventes de disques – puis a créé de nouvelles opportunités de marché. En effet, en 2015, l’industrie musicale, pour la première fois depuis 20 ans, laisse entrevoir une croissance. Principalement grâce au streaming qui est aujourd’hui devenu le premier mode d’écoute de musique. De nombreuses plateformes ont fait leur apparition. En plus des traditionnels Deezer et Spotify, on trouve aujourd’hui Google Play Music, Tidal et bien d’autres encore. Le marché est ainsi caractérisé par une très forte concurrence, aussi bien entre ces plateformes qu’entre les artistes eux-mêmes. Car sur le Web, l’offre est si vaste qu’un artiste doit savoir se démarquer pour capter l’attention d’un public volatile en un simple clic.


Sketching Sylvain Lebras

 

A l’occasion d’une Masterclass de l’ECV Digital Nantes, Benjamin Reverdy, responsable de la communication de Trempolino à Nantes (structure d’accompagnement de musiciens), est revenu sur la question de la promotion de la musique dans ce nouveau contexte numérique. Le marketing musical fait aujourd’hui preuve d’initiatives de plus en plus originales. Il cherche moins à vendre des disques qu’à développer un lien de proximité entre l’artiste et ses fans. De nouveaux moyens sont utilisés par les acteurs du marché pour promouvoir les œuvres musicales. Chacun d’entre eux est une manière de mettre en avant le « direct to fan », c’est à dire la relation privilégiée entretenue par un artiste avec son public.

 

Georgio est un des exemples qui a su entretenir un véritable lien avec ses fans sur Facebook. Ces derniers le lui ont rendu en faisant de sa campagne de crowdfunding un succès exemplaire. La tendance de l’édition musicale est une autre porte promotionnelle (et donc financière) pour les artistes. Cette pratique consiste en effet à utiliser un morceau dans le cadre d’une publicité ou d’un habillage sonore, permettant à son auteur de le monétiser tout en se faisant connaître. Enfin, on constate que le secteur de la musique a de plus en plus recours aux produits dérivés dans le cadre des stratégies marketing. Ici, on cherche davantage à communiquer sur l’image véhiculée par l’artiste que sur son œuvre musicale. Ces produits permettent en effet de symboliser notre relation avec tel ou tel artiste et de nous identifier à lui. Fauve, par exemple, avait parfaitement mis ce principe en œuvre en mettant à la disposition de son public une application mobile permettant d’appliquer un filtre photographique représentant le logo du groupe.

Pourtant alors que la musique en streaming bat tous les records et que de nouveaux moyens de promotion en ligne émergent, nous assistons à un retour de l’objet physique. Le meilleur exemple de cette tendance est la tendance du vinyle, qui depuis quelques années retrouve ses lettres de noblesses. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir retrouver un certain culte de l’objet musical, un objet qui rendrait la musique palpable et lui redonnerait plus de valeur qu’à une simple donnée web que l’on peut effacer d’un tour de main. Loin des stéréotypes, le marché de la musique “matérielle” n’aurait donc pas encore dit son dernier mot.

Rédaction Julie Goudier – Mastère Web Design