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La place des femmes dans les métiers du numérique et de l’innovation

Le 11 avril dernier, nous avons co-organisé avec BETC Digital, une table ronde sur le thème de la place des femmes dans les métiers du numérique et de l’innovation.

Pour l’occasion, nous avons reçu deux invitées d’honneur : Aurélie Jean, PhD Scientifique Numéricienne, CTO/CIO et Co-fondatrice de MixR à Los Angeles, et Saran Diakité Kaba, VP, Head Of UX, UI, HMI Cockpits R&D chez PSA.

Debat1

 

 

Cette conférence était animée par deux de nos étudiants : Charline Laporte en 4ème année de Mastère Développement Web et Thibault Drevon en 5ème année de Mastère UX.

 

Les étudiants ont abordé plusieurs sujets d’actualité liés aux femmes dans le secteur du numérique et de l’innovation : être une femme dans ces métiers, les modèles féminins, l’éducation… Les deux invitées ont ensuite pu répondre aux différentes questions du public composé de professionnels du secteur du digital et d’étudiants.

 

La représentation des femmes dans les secteurs du numérique et de l’innovation

Aurelie-Jean

 

Le secteur de la Tech est un lieu où les femmes sont peu voir pas du tout présentes en fonction de certains emplois. En effet, une récente étude sur les femmes dans la Tech en France, indique que seules 28% d’entre elles sont salariées dans les métiers du numériques et 16% dans ceux de la Tech.

 

Aurélie Jean croit, en un avenir de plus en plus féminin dans ces postes qui sont principalement occupés par des hommes depuis des décennies et prône également l’importance de l’accompagnement des hommes dans cette évolution au sein des entreprises.

 

« Les femmes ont une place stratégique dans l’échiquier technologique : elles ne doivent pas seulement utiliser les outils numériques mais doivent également les produire ! Le numérique est une chance, car ensemble, hommes et femmes, avons l’opportunité unique et pour la première fois dans l’histoire de notre civilisation, de construire le tissu social de demain. » Aurélie Jean

 

L’éducation comme arme pour lutter contre les discriminations

Saran_DK

 

D’après les chiffres du Ministère de l’Éducation nationale en 2016, seules 46% des filles suivraient des filières scientifiques ou technologiques en classe de seconde alors qu’elles seraient 69% à suivre les enseignements littéraires. Par ailleurs, elles représenteraient à peine la moitié des élèves en filières scientifiques en Terminale alors qu’elles seraient 79% à suivre une Terminale générale littéraire. L’écart se creuse également au niveau des enseignements technologiques puisqu’elles ne seraient plus que 7% en terminale sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D).

 

Une méconnaissance des filières technologiques et scientifiques, mais aussi les stéréotypes attribués à ces filières, en seraient les principales causes.

 

Caricaturées et instituées comme étant des voies d’insertions professionnelles «masculines», les étudiantes se tourneraient donc vers des carrières schématisées où les femmes ne pourraient évoluer que dans la communication, le marketing, ou encore le paramédical… les hommes seraient destinés eux à être des ingénieurs, des techno-profils avertis («geeks») et innovants.

L’orientation et l’accompagnement des étudiantes souhaitant se tourner vers des professions du numérique et de l’innovation permettraient de combattre ces aprioris et offriraient la possibilité aux jeunes filles de ne pas être dictées par des représentations erronées.

 

« La créativité n’a pas de genre, ni de couleurs. Il y a chez les hommes et les femmes cette problématique bien ancrée. Les jouets,en sont le parfait exemple,puisqu’ils sont genrés… Le problème est dans le marketing de la pensée. Les écoles forment de la même manière les femmes et les hommes au digital. »Saran Diakité Kaba.

 

Au-delà du quota fixé dernièrement par le Gouvernement (40% des filles dans les filières scientifiques du supérieur d’ici à 2020), le rôle modèle ou encore le mentoring représenteraient une alternative pour susciter l’intérêt et accroitre la confiance des jeunes filles durant leurs études ou au début de leurs carrières.

 

Même si elles sont encore sous-représentées, les femmes peu nombreuses dans les métiers des Sciences et de la Tech sont également sous-estimées du point de vue de leurs capacités et de leurs talents et peu visibles aussi bien dans les médias et que dans les grands rendez-vous du secteur à la table des experts.

 

Donner la parole et montrer des femmes qui ont réussi dans les domaines de la Tech et de l’innovation permettrait d’inspirer et de créer des vocations en donnant envie aux jeunes filles de s’y orienter plus facilement.

 

Et nous à l’ECV Digital ? 

 

« À l’ECV Digital, 50% de nos effectifs étudiants sont aujourd’hui composés de jeunes filles qui souhaitent se former aux métiers du numérique et évoluer vers des carrières où elles seront amenées à travailler en étroite collaboration avec des hommes. Nos différents cursus sont ouverts à toutes et à tous et nous accompagnons chaque étudiante qui souhaiterait se diriger vers des métiers encore sous-représentés par des femmes pour les guider, les aider mais aussi leur faire comprendre que les idées reçues ne sont pas toutes insurmontables. Nous travaillons au quotidien avec les équipes pédagogiques pour leur expliquer que seules les motivations, les compétences et les qualifications sont de réels enjeux dans ces secteurs. »

Alexia Moity, Directrice de l’ECV Digital Paris.

 

Revivez ici l’intégralité de la table ronde: