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Le crowdfunding pour les nuls

 

Financer son projet via une plateforme de financement participatif n’est pas une décision à prendre à la légère : elle demande réflexion et travail. Eric Rayer, fondateur de Colleo et invité de la masterclass “le crowdfunding pour les nuls”, a analysé la tendance du crowdfunding.

 

Des formules de crowdfunding adaptées à tous

 

Quelque soit la plateforme choisie, il n’y a aucune garantie de succès.  En 2015, 75% des campagnes de financement participatifs ont échoué (objectif non atteint) par manque de communication ou par manque d’investissement (temps, énergie…). Pourtant de nombreuses formules existent. La première, le don, consiste à financer sans attendre de remerciements matériels ou sans contrepartie. Le don est souvent utilisé pour les projets associatifs. Il existe une autre forme de don – avec contrepartie – qui consistent à recevoir en échange d’argent une contrepartie matérielle ou immatérielle. Des plateformes comme Kickstarter ou Ulule sont habituées à ce système. Autre solution, le prêt aux entreprises ou crowdlending qui se base sur le prêt de particuliers remboursés ultérieurement. A côté de celui-ci, il existe un autre prêt qui concerne les particuliers (pair-à-pair). Le financement participatif en capital ou equity crowdfunding, va permettre à celui qui aide au financement de devenir actionnaire de l’entreprise. Les investisseurs sont aujourd’hui particulièrement attirés par ce système. Enfin, le financement en royalties permet une contrepartie financière. Dans ce cas, le lanceur verse un pourcentages de ses revenus pendant plusieurs années aux investisseurs. En France, We do good est spécialisé dans ce système.

 

Les 3 cercles de diffusion

 

Pour réussir sa campagne de crowdfunding, 3 cercles de diffusion doivent être atteints. Le premier cercle est celui des proches, famille et amis essentiellement. Ce sont les premiers à aider financièrement. Ils sont faciles à convaincre et il sera aisé de communiquer sur les avancées du projet. Le second cercle concerne les amis et connaissances de la famille et des amis. C’est essentiellement par le bouche à oreille que ce cercle sera touché, mais ce ne sera pas forcément du fait du lanceur. Le troisième cercle (le plus important) est celui du réseau étendu (ceux qui a priori ne vous connaissent pas). Pour y parvenir, une communication globale est essentielle : faire parler, le plus possible, de son projet permettra un financement plus conséquent.

 

La communication : avant, pendant, après…

 

La plateforme ne s’occupe que de la récolte des fonds. Elle n’est qu’un outil à la disposition du porteur de projet. Il faut donc communiquer ! 5 à 7 semaines de campagne sont nécessaires pour parvenir aux objectifs de financement. Néanmoins, la communication commence en amont du lancement sur la plateforme. De même elle continue pendant et après la campagne. Le porteur du projet doit rassembler une communauté pour le lancement. Pour l’amplifier plusieurs outils : la présence sur les réseaux sociaux, des relations presse, des emailings de rappel etc. Cela demande un travail et une rigueur vis à vis de l’image du projet. Si la campagne a abouti, le travail n’est pas terminé pour autant. Il ne faut pas oublier de donner des nouvelles du projet et bien sûr, de livrer les contreparties s’il y en a, et de respecter ses engagements auprès des investisseurs. Si la campagne n’aboutit pas, il est important de remercier ceux qui ont soutenu le projet. Dans tous les cas, l’échec permet de fédérer de nouvelles relations, d’engranger de l’expérience et de se poser la question : était-ce finalement une bonne idée ?

 

Quel avenir pour le crowdfunding ?

 

Le crowdfunding est aujourd’hui un marché fluctuant et en pleine expansion. Beaucoup de plateformes ferment tandis que d’autres voient le jour. Les géants du type Kickstarter, Ulule connaissent des pics d’activité et démontrent l’intérêt certain pour le crowdfunding. Ce financement “novateur” reste un bon moyen pour faire évoluer un projet, même si le succès n’est pas toujours au rendez-vous.

 

Rédaction Elodie Foucher

Skecthnote Marina Lauga


Résumé infographie Jeanne Duplessis