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Découvrez 6 façons de raconter une histoire interactive

Par définition une histoire racontée (storytelling classique) est une suite d’évènements liés entre eux par une série de causes et d’effets avec un début, un milieu et une fin. Un récit interactif (interactive storytelling) fait évoluer la narration traditionnelle vers un autre plan, sur lequel les individus faisant l’expérience de l’histoire interviennent dans le déroulement des évènements ; le récit n’est alors plus nécessairement linéaire.

 

Avec l’arrivée des nouveaux médias et d’une technologie sans cesse grandissante, l’intéractivité a offert un nouveau mode d’expression à l’art de raconter des histoires. C’est le transmedia storytelling : plusieurs histoires créent une expérience unique sur plusieurs plates-formes différentes.

 

Les storytellers doivent donc s’adapter à ces nouvelles conditions de création : ils doivent anticiper les motivations du public lorsqu’il est amené à faire des choix et pour cela recourir à la “pensée à la deuxième personne”, comme l’illustre le game designer Chris Crawford. Cela nous permet de distinguer différents schémas de storytelling.

 

Le storytelling linéaire

 

Le degré d’intéractivité d’une histoire varie selon le contrôle qu’exerce de conteur dessus. Ici l’histoire est déjà écrite et tous les évènements sont liés d’une façon réfléchie et linéaire, il est impossible pour l’audience d’intervenir. C’est le cas des livres et des films que l’on regarde. On ne peut que réagir face aux choix des personnages, mais pas les influencer.

Par conséquent, le storyteller a un contrôle total sur son histoire. Ce qui n’est pas forcément négatif car si l’histoire émeut le lecteur/spectateur, ce dernier s’attache aux personnages et leurs péripéties. Le storytelling linéaire et le moyen le plus facile d’émouvoir l’audience. Toutefois le contenu doit être de qualité pour pouvoir susciter l’intérêt.

 

La série de vidéos “Inside Chanel” par exemple, raconte de nombreuses histoires et anecdotes autour de la maison Chanel et de Gabrielle Chanel. Il s’agit d’un storytelling linéaire transmedia avec des contenus soignés.

 

Le storytelling linéaire interactif

 

Très utilisé dans l’univers du jeu vidéo, le storytelling linéaire interactif induit lui aussi un déroulement d’évènements déjà prévus et calculés mais autorise le lecteur/spectateur/internaute à avoir une légère influence sur les évènements. C’est le cas par exemple des jeux Super Mario : le joueur progresse dans une histoire simple et linéaire (sauver la princesse) mais c’est lui seul qui fait avancer Mario dans le jeu (déplacement horizontal, sauts…)

 

Ce système permet au joueur d’agir librement dans l’histoire, bien que ses actions n’aient que peu voir aucun impact sur la trame globale. On trouve ce type de storytelling dans les jeux vidéos, livres digitaux et autres ebook où le storyteller conserve un fort contrôle sur l’histoire.

 

La campagne interactive “Sortie en mer” pour laquelle l’internaute assiste à sa propre noyade. Sous la forme d’une application web, il est invité à scroller jusqu’à l’épuisement inévitable pour tenter de survivre dans l’océan. L’illusion d’influencer sur le “dénouement” de l’histoire rend l’expérience encore plus forte.

 

 

 “The Boat”, un site web construit comme un journal de bord illustré. De nombreuses interactions rendent la lecture très vivante et plonge rapidement le lecteur dans l’univers de l’aventure.

 

Le storytelling à fins multiples

 

Dans ce cas de figure, l’individu n’a pas d’influence sur la globalité de l’histoire mais peut décider de quelle fin elle méritera. Généralement le storyteller fait appel à un système de vote ou de questions à choix multiples.

 

Bien souvent une expérience est jugée positive ou négative selon sa finalité. Or là, le conteur laisse ce choix décisif au spectateur/lecteur/joueur/internaute. En fonction de son choix, il détermine le ressenti de son expérience. La condition principale est de créer en amont une série de fins différentes mais ayant la même qualité.

 

Le jeu vidéo Beyond Two Souls offre de nombreux choix au joueur durant l’aventure. Les plus significatifs étant lors du choix final, ouvrant sur une dizaine de scènes finales différentes.

 

Le storytelling à plusieurs chemins

 

Tous les chemins mènent à Rome. Cette manière de raconter une histoire permet de créer différents évènements clés dans la narration, accessibles par différents chemins avec une fin commune. L’intérêt principal de ce storytelling est de créer plusieurs expériences bien distinctes en une seule et même histoire.

 

Ce concept est utilisé par certains jeux vidéos comme la série “The Secret of Monkey Island” ou les campagnes transmédia de jeu en réalité alternée (jeu de piste à grande échelle). Ce qui en fait des contenus très riches à forte rejouabilité avec une large durée de vie.

 

Le jeu vidéo “Fire Emblem : Fates” impose au joueur de faire un choix crucial à un moment du jeu. Ce choix déterminera la difficulté, les récompenses et les rencontres que fera le joueur par la suite. Cela implique que le joueur doit recommencer une nouvelle partie pour profiter pleinement ce que l’oeuvre peut offrir à travers un chemin différent.

 

Le storytelling “open world”

 

Plutôt que de raconter une histoire linéaire avec un début et une fin, le storytelling en “open world” propose une série d’évènements et d’histoires indépendantes ou non dans un univers bien défini. S’il existe bel et bien une trame de fond, l’individu peut tout à tous moments aller d’une quête à l’autre et créer sa propre histoire parmi celle imposée par le storyteller. Le joueur est libre, l’histoire ne sert que de cadre dans cette manière de raconter un récit.

 

Le type “open world” comporte cependant quelques règles comme la présence d’une carte et frontières qui permet de localiser l’ensemble du terrain explorable et certaines règles qui indiquent comment se comporter dans cet univers.

 

Souvent considéré comme la base du transmedia storytelling, la narration en “open world” comme le jeu vidéo GTA offre une large richesse d’exploitation et de contenus additionnels.

 

Parc à thème mondialement connu, Disneyland détient son propre univers et est par excellence un storytelling “open world” transmédia. De nombreux univers cohabitent avec le même esprit et le visiteur est totalement libre d’aller où bon lui semble, de vivre de nombreuses expériences et de les partager.

 

Le storytelling “playground”

 

Ce storytelling particulier est l’abandon total par le narrateur de son histoire aux mains du joueur. C’est le cas par exemple du jeu video “The Sims”. Au lieu de créer une histoire ou des évènements précis et construit, le storytelling n’offre ici qu’un cadre, un terrain de jeu.

 

Le joueur est libre de faire ce qu’il veut. La différence est qu’ici il va expérimenter les règles, les suivre ou les enfreindre. Ce concept se veut empirique et permet au joueur de faire son propre apprentissage dans cette histoire. Mais peut-on encore parler d’histoire ?

 

Ainsi, il s’agit plutôt d’une boite à outils permettant au joueur de créer son propre univers et ses propres règles.

 

The Sims, le jeu vidéo “Sandbox” par excellence

 

En conclusion, on peut constater que le storytelling interactif n’est pas en rupture avec le storytelling traditionnel, bien au contraire. En utilisant les codes de la narration classique et en les adaptant aux nouveaux supports dont nous disposons, on évolue progressivement vers une nouvelle façon de raconter des histoires où la forme sert le fond.

 

De nombreux outils voient le jour pour permettre notamment aux marques de se démarquer, à l’instar du logiciel Racontr ou la technologie de Réalité Augmentée.

 

Avec ces nouveaux outils et perspectives, ils n’appartient qu’aux storytellers de raconter leurs histoires de façon toujours plus étonnantes.

 

 – Promo Mastère Web Design M1

 

Sources :

 

https://medium.com/interactivite-transmedia/quest-ce-que-la-narration-interactive-3fbdb9bc7a04#.lu0h1fvt7

http://www.benhoguet.com/la-narration-reinventee-livre-storytelling-interactif-transmedia/

http://leblogdocumentaire.fr/2014/09/04/pratiques-de-linteractivite-1

http://www.digiworks.fr/blog/comment-ameliorer-le-storytelling-interactif/